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✅ Soigner avec les plantes

La phytothĂ©rapie, c’est l’art de soigner en utilisant des plantes. C’est une mĂ©decine
douce qui ne saurait soulager l’animal de tous ses maux, mais qui peut dans certains cas, contribuer Ă  sa guĂ©rison.

Sauf si le cas relĂšve de l’indisposition plutĂŽt que de la maladie, les praticiens ont tendance aujourd’hui Ă  jouer la complĂ©mentaritĂ© avec les traitements allopathiques.

On peut utiliser les pro­priĂ©tĂ©s des plantes de diffĂ©rentes façons : en totalitĂ©, on fait rĂ©fé­rence aux simples. En extrait d’huiles essentielles, c’est l’aromathĂ©rapie. Les par­ties concentrĂ©es en substances actives, telles les bourgeons, les pousses ou les radicelles constituent pour leur part le domaine de la gĂ©minothĂ©rapie. Si vous avez quelque connais­sance en matiĂšre de plantes sauvages, que vous vous faites une joie de les traquer au bois et aux prĂ©s, prĂ©parez vous pour la cueillette.

Mais d’une maniÚ­re gĂ©nĂ©rale, c’est chez l’her­boriste qu’on se procure les bases de prĂ©parations qui peuvent ĂȘtre servies sous diverses formes : d’abord, les dĂ©coc­tions obtenues en coupant les plantes en menus morceaux.

On les plonge dans l’eau froide et on les laisse bouillir plus ou moins longtemps. Ensuite les infu­sions: lĂ  on jette les plantes dans l’eau bouillante. Puis, les liquides passĂ©s c’est-Ă -dire dĂ©barras­sĂ©s des particules solides en suspension. Enfin, les poudres. Pas si facile de doser sa pré­paration si on n’est.pas spé­cialiste. 11 faut disposer d’une balance prĂ©cise car 1 g suffit parfois… Disons avec Marie- Antoinette Mulot, l’herboris­te co-auteur avec le Dr Rousselet Blanc d’un ouvrage intitulĂ© “Soignez vos animaux par les plantes” (1) qu’une cuillerĂ©e Ă  soupe contient 15 g de plantes. Une cuillĂ©rĂ©e Ă  des­sert vous en donne 10 g et une Ă  cafĂ©, 5 g.

“De mĂȘme qu’il vous arrive de mettre une pincĂ©e de sel dans vos aliments, une pincĂ©e de plantes correspond Ă  ce que vous pourriez prendre avec une pince Ă  Ă©piler, soit 1 Ă  2 g” pré­cise-t-elle.

Voici une liste d’indispositions frĂ©quentes dont vous pouvez venir Ă  bout en douceur avec un traitement par les plantes. (2) -Tout d’abord, les troubles du transit intestinal. Trop ou trop peu, c’est toujours un problÚ­me. Il est impĂ©ratif d’interve­nir sans irriter les intestins par essence fragiles. La constipa­tion sera combattue par des plantes apĂ©ritives ou des plantes Ă  “effet fibres”, destinĂ©es Ă  enrayer par exemple les effets d’un rĂ©gime trop carnĂ©.

Plantes apéritives
et pensée sauvage

Les premiĂšres, grĂące Ă  leurs principes amers, provoquent la secrĂ©tion de sucs digestifs qui stimulent l’appĂ©tit et les fonctions digestives. Ce sont essentiellement la racine de pissenlit, les feuilles d’artichaut et le fruit de chardon-marie.

Les secondes se divisent en laxatifs doux (Tispaghul, ou tout au moins le tĂ©gument de sa graine et les fleurs de mau­ve) et laxatifs stimulants dont l’emploi doit ĂȘtre limitĂ© dans le temps (Ă©corce de bourdaine et folioles de sĂ©nĂ©).

A l’inverse, on traitera le relù­chement intestinal avec du charbon vĂ©gĂ©tal, du fruit de caroube ou de myrtille, de carot­te ou de pomme.

-Les “gratouilles” sont une des causes les plus frĂ©quentes de consultation en cabinet vĂ©té­rinaire. Et ce d’autant que nos chiens gratteurs y vont de tou­te leur Ă©nergie, lĂ©sant leur peau Ă  qui mieux-mieux Ă  coups d’ongles et de dents. Selon la nature de sa gratouille, on sou­lage le patient avec de la raci­ne de bardane, de la pensĂ©e sauvage, de l’ortie et de l’alfal- fa. Nourriture trop riche et trop abondante, manque d’exer­cice sont Ă  l’origine des troubles cutanĂ©s observĂ©s chez nombre de gratteurs impĂ©nitents.

Les refroidissements dus Ă  une partie de chasse en des conditions extrĂȘmes ou Ă  une promenade trop longue en temps humide entraĂźnent des troubles des voies respira­toires. Eternuements, toux (y compris la bronchi­te chronique du chien ĂągĂ©), perte d’appĂ©tit consĂ©cutive Ă  une inflammation de la gorge, respi­ration irrĂ©guliÚ­re parfois assortie de fiĂšvre, tels sont les symp­tĂŽmes de ce dĂ©plaisant tableau clinique. Les plantes dites “pulmo­naires”, riches en rĂ©sines et essences, avec leurs capacitĂ©s adoucissantes, expectorantes et anti­septiques mettent du baume sur les misĂšres des malheureux enrhumĂ©s. Vous les soulagerez donc avec des fleurs de bouillon blanc, des racines de polygala, des bourgeons de pin, des feuilles d’eucalyptus et de thym.

-Les maux liĂ©s Ă  l’obĂ©sitĂ© sont nombreux. En revanche la mise au rĂ©gime d’un animal (com­me d’un ĂȘtre humain) ne va pas sans effort. On aura donc Ă  cƓur de supprimer la sen­sation de faim tout en favori­sant le transit intestinal. Le fruit (sans les graines) de cos­se de haricot pour son action diurĂ©tique, l’ispaghul dont nous avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© les propriĂ©tĂ©s, les algues Ă  effet coupe-faim et la plante fleu­rie de germandrĂ©e sont Ă  votre disposition pour aider votre rondouillard Ă  laisser son embonpoint au vestiaire. -L’angoisse, la nervositĂ©, l’insomnie sont aussi des malaises connus des chiens.

Certains ont peur de l’orage, d’autres sont excitĂ©s par les chaleurs d’une femelle de leur entourage… La phytothĂ©ra­pie a aussi sa rĂ©ponse. L’escholt- zia (sous ce nom savant se cache une variĂ©tĂ© de pavot), la racine de valĂ©riane, la tige et les fleurs de passiflore et l’aubĂ©pine ont raison des com­portements de ce type, pĂ©nibles pour le chien comme pour son maĂźtre.

Un traitement au long cours

-L’ñge compte Ă©videmment son cortĂšge de malheurs et de dis­fonctionnements. On a tou­jours intĂ©rĂȘt Ă  stimuler un organisme affaibli par l’admi­nistration de plantes toniques. Pour fabriquer un avenir de centenaire en bon Ă©tat Ă  votre protĂ©gĂ©, vous pouvez faire appel aux vertus des racines de gin- seng (stimulant gĂ©nĂ©ral, tonique et aphrodisiaque), des feuilles d’alfalfa (pour com­battre la fatigue et l’anĂ©mie), des racines d’angĂ©lique (sti­mulant de l’appĂ©tit), des tiges et feuilles de prĂȘle (reminĂ©- ralisant et diurĂ©tique), des racines d’harpagophytum (anti-inflammatoire), de l’aubé­pine (cardiotonique et anti­spasmodique), ou des feuilles de ginkgo (contre la fragillitĂ© capillaire). Le tout servi avec un cocktail de vitamines et de minĂ©raux et le tour est jouĂ©. Au fond, point n’est besoin d’ĂȘtre faible ou malade pour recourir aux bienfaits des plantes. Sportif? SpĂ©cialiste de la chasse, de la cour­se en cynodrome ou habituĂ© des rings ? Il n’est pas inutile de recourir Ă  l’alfal- fa, au ginseng et Ă  la racine d’éleutherocoque (le ginseng russe).

Vous ne vous sentez pas Ăąme de sorciĂšre du Moyen-Ăąge ou d’un simple prĂ©parateur en pharmacie ? Les noms poé­tiques de toutes les belles de nos bois et de nos jardins ne vous inspirent rien ? Sachez que certains laboratoires vĂ©té­rinaires commercialisent toutes ces belles et bonnes plantes sous forme de gĂ©lules et de comprimĂ©s. Pratique, non ? Et souvenez-vous : la phyto­thĂ©rapie est une mĂ©decine au long cours dont il ne faut pas attendre de rĂ©sultats immé­diats. Ils ont toutefois le mĂ©ri­te d’ĂȘtre durables. De plus, les plantes ne crĂ©ent pas de dĂ©pen­dance ou d’effets secondaires. Ca vaut sans doute la peine d’essayer.